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Août 2024 – Impressions d’une exposition

Par Erhard Friedberg

Les sleepers Y, émail sur toile, 129X30 – 2024

En entrant dans l’exposition, on est d’abord subjugué par l’éruption des couleurs qui remplit les yeux. Trois grandes toiles alignées dans lesquelles se joue la danse des couleurs autour d’un centre doré, tantôt placé en haut de la toile, tantôt en son centre. A côté, une série de cartons suspendus dans lesquels se joue la même confrontation de couleurs, mais de manière plus épurée et économe.

L’artiste utilise l’encre de chine qui a la particularité de ne pas se recouvrir, mais de se mêler. Les teintes obtenues ne sont pas toujours prévisibles, en fonction non seulement de leur juxtaposition, mais aussi en fonction de la nature du support (toile ou carton).

Danijela Gracner est une artiste gestuelle, instinctive, qui crée à travers des ajouts de touches successives qui sont autant de gestes de création. L’œuvre émerge et se constitue progressivement jusqu’à ce que l’artiste juge ne rien pouvoir ajouter.

Mais Danijela Gracner a plus d’une corde à son arc, et son art ne se résume pas au gestuel. Il y a aussi la série des « sleepers », qui coexiste avec une autre série appelée « Byzantine Warriors », laquelle n’est pas représentée dans cette exposition.

La série des « sleepers » confronte le spectateur avec un alignement de silhouettes posées les unes à côté des autres. Elles sont plus ou moins détaillées, plus ou moins précises, mais le plus souvent très stylisées, réduites à l’essentiel. Le support de ces silhouettes est tantôt une toile, tantôt une planche de bois. Dans le premier cas, le matériau utilisé est l’émail coulé sur la toile à l’aide d’un bâton. Dans le second, les silhouettes sont dessinées et peuvent selon les cas être soulignées par l’ajout de matériaux comme du sable noir. L’inspiration est clairement la frise telle qu’on la trouve dans les temples antiques.

Mais c’est surtout le contraste entre ces deux séries d’œuvres qui frappe le visiteur. D’un côté l’éruption des couleurs et du geste, de l’autre le calme de ces silhouettes tournées vers le spectateur, qui le regardent, pour ne pas dire l’interrogent. On ne peut s’empêcher d’être ému devant cet alignement de contours de personnages qui invitent à la méditation. Elles nous renvoient à nous-mêmes, et nous interrogent sur notre attitude. Sommes-nous des « sleepers », sommes-nous restés endormis, laissant en friche des parties de nous-mêmes, à l’instar des silhouettes qui nous regardent ?

Libération par le geste ou amorce d’une réflexion existentielle : les deux séries d’œuvres sont bien les deux facettes complémentaires du processus de création qui forme un tout.

Juillet 2024 – L’art en train de se faire

Exposition des travaux réalisés lors de la résidence de juillet
du 9 août au 8 septembre 2024

15h-19h du mercredi du dimanche

Danijela Gracner réside à l’atelier depuis plus de deux semaines. Cette artiste prolifique surprend par sa grande capacité de travail, son désir d’absorber à la fois la lumière, le vent, le sable et tout traduire en énergie créatrice.

Deux tableaux (en cours de réalisation) prennent l’air et le soleil (rare!)

Cette plasticienne venue de Serbie explore depuis vingt ans l’usage du sable – noir, blanc, ocre – au coeur de ses compositions.

Elle travaille sur carton et sur toile, pratique l’aquarelle, l’acrylique et surtout l’encre de Chine, les petits et les grands formats.

Elle nous offre une série de tableaux dont elle dit qu’ils « proposent des formes abstraites placées sur une grande surface vide, de manière presque minimaliste, librement, et avec de larges traits ».

Sa pratique gestuelle donne un élan unique à ces œuvres, superposant des couleurs en nombreuses couches, le sable mêlé aux pigments.
Souvent, elle travaille avec de l’encre de Chine.

Danijela Gracner aime travailler le doré, couleur très délicate à utiliser. Elle cherche « ces accents de couleur dorée délibérément frottée de manière agressive dans le sable… qui réfractent les rayons lumineux, instables et changeants ».

Il est passionnant de voir sortir, jour après jour, de chaque toile un monde qui se transforme, se creuse, s’étend, avec ces couleurs qui cherchent à se placer les unes à côté des autres, les unes sur les autres, créatrices de tons et de reflets, lors du travail tranquille et perfectionniste de Danijela.

A découvrir à partir du 9 août 2024, à l’Atelier-résidence du Poulguen.

Juillet 2024 – Danijela Gracner en résidence

Nous sommes très heureux d’annoncer la résidence de Danijela Gracner, plasticienne, spécialiste des fresques et murals pendant tout le mois de juillet.

La résidence démarre le 6 juillet. Durant plusieurs semaines, Danijela aura à sa disposition l’atelier et tout matériel nécessaire. Elle a carte blanche !

Le travail réalisé lors de cette résidence sera exposé dans l’atelier à partir du L’inauguration du travail réalisé durant la résidence est prévue le jeudi 2 août à 18 heures.



Née à Kragujevac, en Serbie, en 1983, Danijela vit et travaille à Paris depuis 2017. Elle est diplômée des des arts appliqués, option murals de l’Université des beaux-arts de Belgrade (2009).

Cette artiste plasticienne peint aussi bien des petits que des très grands formats, crée des mosaïques, des fresques, réalise des vitraux, pour finalement mélanger tous ces supports.

Elle aime travailler pour et dans un espace, à l’intérieur et à l’extérieur. Elle a réalisé de nombreuses fresques en Serbie et diverses expositions à Belgrade et Salzburg (Autriche).

Elle est particulièrement intéressée par l’idée de fugacité et celle de cycle.

Elle mêle peinture et sculpture pour en faire un seul corps. Après avoir longtemps cherché un matériau à la fois fugace et permanent, Danijela commence à travailler avec le sable, qu’elle aime utiliser parce ce qu’il porte l’idée même de fugacité. Elle crée des reliefs en le combinant avec d’autres matériaux naturels, puis travaille ces reliefs avec des pigments à l’huile. Elle utilise le sable sur les toiles pour leur donner une certaine matérialité.


Vernissage de l’exposition des œuvres réalisées : 2 août 2024 à 18h