Peintre archéologue
Ce n’est pas d’hier qu’Henri Girard est cet archéologue attentif, cherchant des empreintes, des traces de la vie humaine dans les objets qu’il découvre, les chemins qu’il parcourt. Il est aussi celui qui cherche à « rameuter » des fragments de mémoire, la sienne ou celle d’une humanité archaïque.
Comme l’écrit Marc le Gros, « Henri Girard demeure fondamentalement le peintre de l’empreinte et de la mémoire de ce qui s’efface et se dépose, de ce qui reste… »
Ci-dessous, texte d’Henri Girard, 2014
» Ce n’est pas d’aujourd’hui que je m’intéresse à l’archéologie au sens le plus large du terme.
Pour moi, peintre, il s’agit de rameuter les fragments d’images ; de souvenirs, épars aux tréfonds de la mémoire, la connotation « archéologique » étant une constante de mon travail.
Je feuillette à nouveau mes carnets de notes et je découvre la présence quasi permanente de croquis sur le matif, griffonnés à la hâte lors de voyages en Sicile, en Sardaigne, en Grèce mais aussi en Bretagne, Périgord, Catalogne espagnole…
De ces notes furtives, comme sédimentées dans l’espace et le temps, se dégage une sorte de fascination pour ce qui reste quand le temps a fait œuvre d’effacement : un espace-temps qui aurait pour socle, pour terreau, la notion d’archéologie mais sans la prétention d’épouser la démarche spécifique de l’archéologue !
D’ailleurs j’inclus, dans ce cheminement que je propose au spectateur, mes archéologies plus intimes à savoir La Marelle que j’ai explorée et déclinée pendant près de vingt ans, et les portraits de mon père.
A chaque thème est associée une œuvre plus ancienne (1978-1979) en écho aux œuvres récentes. Elle contient en substance tous les ingrédients archéologiques et est l’amorce du fil conducteur des œuvres à venir.
Je laisse à chacun le loisir de dessiner, dans le compagnonnage de ma peinture, son propre parcours. »